Estim Numérique

Texte intégral du podcast

Fondée en 2017, ESTIM numérique est une association qui agit en faveur de la mixité et la diversité dans la filière numérique, favorise la montée en compétences des femmes, et lutte in fine contre la fracture numérique. L’association rassemble, anime et dynamise tous les acteurs de la filière : talents, entreprises, organismes de formation, acteurs publics. Rencontre à la Maison des Associations de Rennes avec Mélissa Cottin, directrice générale et coordinatrice de l’association.

Podcast diffusé sur les ondes de la Corlab en janvier 2021.

Episode 1

Aujourd’hui, nous sommes à la Maison des associations à Rennes où la pépinière des associations héberge Estim numérique, une association de promotion de la mixité dans le secteur du numérique créée en 2017. Tout de suite, présentation de l’association, des équipes qui la font vivre et du territoire couvert.

Générique : L’économie autrement, le rendez-vous quotidien de l’économie sociale et solidaire en Bretagne.

Journaliste : Ici, nous sommes dans la pépinière des associations, au sein de la Maison des associations qui est gérée par l’association Bug et qui regroupe plusieurs associations du territoire rennais dont Estim Numérique a qui a été créée en 2017.

Mélissa Cottin : Mélissa Cottin, directrice et coordinatrice générale de l’association Estim Numérique qui a pour but d’œuvrer pour la mixité et la diversité dans le monde du numérique. Estim pour estime de soi, mais c’est aussi un acronyme : le “E” pour entreprise, le “S” pour Synergie, le “T” pour Territoires, le “I” pour inclusion et le “M” pour mixité. L’Association a eu plusieurs étapes. Elle a été créée par une personne, Cécile Martin, qui est aujourd’hui directrice d’un incubateur à Rennes, qui est toujours présidente exécutive de l’association. De 2017 jusqu’à fin 2019, l’Association a surtout été gérée par des équipes bénévoles. Et moi, j’ai rejoint l’association en salariée, première salariée véritablement, en janvier 2020, avec cette volonté là de structurer, professionnaliser l’association. Aujourd’hui, nous sommes deux salariées et une alternante en communication depuis octobre. Les bénévoles c’est assez difficile de dire combien ils sont, en fait, on a des bénévoles en fonction de nos besoins et en fonction de nos événements. On a à peu près entre 30 ou 50 bénévoles en fonction de la grosseur de l’événement. On a un partenaire, même plusieurs, qui nous soutiennent. On a la région Bretagne, forcément, qui nous soutient depuis le début. En fait, pour résumer, nos partenaires sont tous les acteurs qui gravitent autour de l’écosystème du numérique en région Bretagne. Que ce soit des entreprises, des acteurs de l’emploi, des acteurs publics, des associations. La Maison des associations de Rennes, c’est une super opportunité pour nous. Pour la simple et bonne raison que c’est un lieu central qui regroupe d’autres associations qui ont les mêmes volontés que nous et les mêmes valeurs. C’est plutôt avantageux d’avoir un lieu d’accueil pour nous.

Journaliste : Il y a des ponts entre les autres acteurs avec lesquels vous êtes ici, à la Maison des associations ?

Mélissa Cottin : Complètement, notamment avec Make Me. On a commencé aussi déjà à travailler avec eux sur “Tech’Inn Vitré” l’année dernière. C’est un événement autour des Makers, d’acculturation numérique qui a lieu chaque année à Vitré sur plusieurs jours. Et puis, plus récemment, on s’est aussi regroupé avec d’autres associations de la Maison des Asso sur “Teach Me”, qui est un événement autour de la fracture du numérique. Puis on s’est regroupé avec Entourage, avec l’association Bug, avec Make Me, avec Proxité. Aujourd’hui, on est en projet de se déployer. On a commencé à créer une antenne dans le Morbihan. La volonté aussi d’aller se déployer dans les Côtes d’Armor et puis dans le Finistère, c’est aussi d’aller au plus près de nos publics. Aujourd’hui, les événements en distanciel nous permettent d’ouvrir sur tous les secteurs. Mais comme on a aussi une volonté de rapprocher acteurs du territoire et public du territoire, on essaie quand même de rester sur un ancrage territorial, voire même départemental ou local. Et donc, là, c’est normalement la salle de réunion. Mais avec le Covid on essaie d’utiliser un peu tous les espaces pour se retrouver et respecter les règles sanitaires.

Générique : Ce reportage a été réalisé par la Corlab. Retrouvez-le en podcast sur corlab.org.


Épisode 2

Toujours à la Maison des associations à Rennes avec Estim Numérique qui a dressé certains constats et identifié certains freins qui expliquent la faible présence des femmes dans le secteur du numérique.

Générique : L’économie autrement, le rendez-vous quotidien de l’économie sociale et solidaire en Bretagne.

Journaliste : Quels sont les constats qui ont amené à la création d’ESTIM numérique ?

Mélissa Cottin : C’est assez simple. Aujourd’hui, la filière du numérique est une filière en plein essor. En termes de recrutement c’est assez impressionnant et pourtant, on a quand même une vraie pénurie de talents. Si je reprends en région Bretagne, selon l’Observatoire régional des compétences du numérique, 3 700 postes étaient non pourvus en 2019, faute de candidats et de candidates. Et puis, d’un autre côté, nous avons aussi une filière qui est peu féminisée. Une filière qui compte à peu près 30% de femmes dans la filière du numérique, contre 48% dans d’autres secteurs d’activité. Et qui tend aussi à être de moins en moins féminine. Il y a une autre étude qui est sortie récemment : on a -6% de femmes diplômées de la tech entre 2013 et 2018, donc c’est aussi pour nous une volonté d’amener un peu plus de femmes dans le numérique. Pour la simple et bonne raison, c’est qu’aujourd’hui, on le voit très bien : on a besoin de diversité dans les profils pour avoir des outils qui répondent à des besoins diversifiés.

Journaliste : D’où vient le problème pour ESTIM numérique ? Du côté des entreprises ou du côté des femmes en question ?

Mélissa Cottin : Un peu des deux. Il n’y a pas de “à qui la faute “. Je pense que c’est surtout une problématique de société, d’image. Aujourd’hui, on a tous tendance à penser que le numérique, c’est réservé aux mecs aux cheveux gras qui mangent des chips toute la journée alors que le numérique a énormément évolué. Il y a des stéréotypes qui restent très marqués sur l’image du geek, sur le fait que le numérique, c’est un ordinateur. Aujourd’hui, il y a une telle diversité de métiers qu’on n’est pas forcément obligé de toucher un ordinateur. Des croyances aussi invalidantes sur les femmes : “on n’ose pas, on ne veut pas y aller, on ne peut pas y aller, je ne peux pas avoir un métier à responsabilités”. Et puis, d’un autre côté aussi, les entreprises qui ont du mal à s’emparer de ces sujets d’égalité de condition de la femme. Je passe beaucoup de temps aujourd’hui à sensibiliser les entreprises sur le fait que d’organiser un job meeting le mercredi après-midi, ça peut être un frein pour des femmes qui souhaitent peut-être intégrer le numérique. Donc, ce n’est pas une faute des femmes ou une faute des entreprises, c’est une faute un peu partagée. L’idée, c’est de reconnecter ces demandes-là pour amener un peu plus de femmes dans le numérique. Il y a aussi la question de l’éducation. Aujourd’hui, un conseil d’orientation qui vous dit : “n’allez pas dans le numérique, c’est une filière réservée pour les hommes”, forcément, ça a aussi un impact. Il y a une vraie fracture sur le manque de femmes à partir du lycée et des études par la suite. On oriente surtout les femmes sur des métiers plus d’administration, de communication, de RH (ressources humaines). C’est vraiment pour moi une question d’autocensure et de croyance qu’il faut aussi réussir à dépasser. C’est un peu notre message aussi : d’oser !

Générique : Ce reportage a été réalisé par la Corlab. Retrouvez-le en podcast sur corlab.org


Épisode 3

Une partie du travail de sensibilisation d’Estim Numérique s’adresse aux femmes susceptibles de travailler dans ce secteur.

Mélissa Cottin : Petite présentation de l’association. Maintenant on arrive sur le thème du jour, c’est oser se lancer dans un nouveau projet, généralement à la nouvelle année on est dans le questionnement : nouvelles ambitions, résolutions, qu’est ce que j’ai envie de faire ? Donc, rapidement, définition : Qu’est ce qu’un changement ? (voix off de la journaliste : Extrait d’un atelier “mixité” organisé en ligne par l’association ESTIM numérique le 14 janvier 2020.)

Mélissa Cottin : L’idée, c’est d’agir pour plus de mixité et de diversité dans la filière numérique. Auprès des publics, c’est surtout de travailler sur ses croyances, ce manque de confiance en soi et sur la valorisation des métiers et faire connaître toute la diversité des métiers dans le numérique. Aujourd’hui, on organise des rendez-vous mensuel gratuits qui sont au nombre de quatre depuis 2021. Nous avons des ateliers “mixité” où là, on va travailler sur les stéréotypes, croyances invalidantes, autocensure. Je prends l’exemple de ce mois-ci où le sujet c’était, “oser se lancer dans un nouveau projet”. Le deuxième, ce sont des “cercles ESTIM” où ce sont plus des ateliers de codéveloppement. Là, on va plus essayer d’engager une action, un plan d’action. Travailler sur ses problématiques individuelles et personnelles. Troisième rendez vous mensuel “présentations métiers“, si possible avec des femmes. Mais ce n’est pas toujours simple de trouver des femmes pour parler des métiers du numérique, mais c’est présenter un métier du numérique, son parcours, ce que c’est. Préciser aussi les opportunités. Et le quatrième qui est arrivé cette année, c’est “Négo Training“, c’est une formation gratuite de trois heures à la négociation salariale pour les femmes. Le message qu’on a souvent, c’est “ça remotive”, même pour celles qui n’ont pas envie d’aller dans le numérique. Parler de sujets, d’oser, de se lancer et de partager aussi peut être nos expériences personnelles, de voir que d’autres personnes sont dans le même cas, ça remotive et ça donne envie d’aller un peu plus loin ou de creuser. On a des personnes qui ont intégré des formations ou des métiers. Nina, qui a participé à une action de “Digital Job Expérience”, qui est une initiation au numérique de deux jours qui galérait à trouver un travail, qui a fini par faire cet événement-là, qui a reprit confiance en elle, qui avait énormément de potentiel et qui n’exploitait pas parce qu’elle ne pensait pas en avoir. Et puis, elle a fini par se lancer en free lance et elle a fini par intégrer un grand groupe, même en contrat de free lance. Et aujourd’hui, elle est totalement épanouie. J’en ai une autre qui était sur le même évènement, qui a finalement intégré une formation en tant que business analyst, qui a intégré un grand groupe et qui aujourd’hui est partie au Canada. Puis d’autres qui sont venues aux événements et à la fin, nous disent “J’ai vu : le numérique, c’est super. Vous étiez super sympa. Par contre, c’est pas pour moi !” Et je pense qu’on a aussi fait notre travail de permettre à des femmes de voir ce que c’est et se laisser le choix ou non d’aller ou pas dans le numérique. On a arrêté nos événements avec la crise sanitaire parce que notre cible n’était pas forcément numérique. Et puis, ce n’est pas la même dynamique. On parle de sujets qui sont ancrés en nous. On a du mal à en parler. Et puis, les mois passant, voyant qu’on ne pouvait toujours pas faire du présentiel, on a testé en distanciel au mois de novembre. On a accueilli 120 participantes sur la première édition à distance, donc il y a un vrai besoin. Aujourd’hui, on le voit, la crise sanitaire chamboule nos vies. On voit que le numérique est quand même inscrit dans nos vies. Donc, ce que l’on raconte aussi fait écho depuis mars.

Générique : Ce reportage a été réalisé par la Corlab. Retrouvez-le en podcast sur corlab.org


Épisode 4

L’autre partie de son travail de sensibilisation s’adresse aux entreprises, demandeuses d’une plus grande présence féminine dans le secteur, mais avec des habitudes à corriger.

Mélissa Cottin : J’étais bonne dans ce métier là, autour du numérique et de la création de sites Internet, je cherchais toujours dans les mêmes postes mais c’est plus ce que je voulais faire. Et donc j’ai créé ma micro entreprise, au départ avec cette casquette là. Petit à petit, je suis arrivée sur l’impact positif et là, mine de rien, je reste à peu près stable, je suis chez ESTIM numérique depuis presque un an. ( voix off journaliste : extrait d’un atelier “mixité” organisé en ligne par l’association estim numérique le 14 janvier 2020).

Mélissa Cottin : Aujourd’hui, on a un vrai travail qui se met en place à partir de cette année, d’aller plus auprès des entreprises pour les sensibiliser et faire que notre travail auprès des publics, prenne. Si on sensibilise pas aussi les entreprises sur la question d’inclusion, d’égalité femmes – hommes, de monoparentalité, ça ne marche pas. Il faut aussi permettre aux entreprises de s’emparer de ces sujets là. Le projet auprès des entreprises s’accélère cette année par des formations, des conférences, des sensibilisations. Aujourd’hui, on a une dizaine d’entreprises qui gravitent autour de nous, qui ont une volonté d’aller un peu plus loin. C’est un peu le vrai sujet de cette année : d’aller sensibiliser les entreprises et faire que le recrutement se passe bien. Des entreprises qui pensent qu’elles sont totalement au fait et au clair sur l’actualité. Et puis, quand on en parle, j’en ai une qui, à un moment, on me dit : “oui nous, on a des vraies difficultés de recrutement. Pourtant, on fait tout pour qu’il y ait des femmes. Et puis, en discutant, on me dit “j’ai proposé un entretien de recrutement mercredi et la personne lors de l’entretien m’a proposé d’être en quatre-cinquième”. La personne voulait un temps partiel, et avoir son mercredi, ça veut dire que si elle venait pour l’entretien le mercredi, elle a dû trouver une solution de garde. Donc, il y a des codes à revoir ou en tout cas des mécanismes et des automatismes à apprendre. Donc, les entreprises, soit elles viennent vers nous, soit c’est nous, au fil des discussions, qui amenons le sujet parce qu’il y a un sujet. Il faut aussi partir du principe que ce n’est pas toujours aux femmes de trouver des solutions parce que c’est une frustration.
Il y a une vraie volonté de l’entreprise d’avoir un peu plus de femmes dans les métiers du numérique. Aujourd’hui, on a majoritairement des femmes dans les métiers support, administration, marketing, RH et on a besoin de femmes dans le développement ou dans la programmation, dans la Tech pure. Et c’est une vraie volonté aussi des entreprises de féminiser leurs filières. Mixité et diversité sont dans toutes les bouches des entreprises, par contre, ça ne se fait pas en un claquement de doigt. Et c’est à nous aussi d’arriver à sensibiliser, de dire : “ok, vous voulez plus de femmes ? Comment on peut le faire ?” Et ce n’est pas juste attendre que ça arrive.

Journaliste : Sur ce que la présence de plus de femmes dans le secteur du numérique pourrait apporter comme bénéfice ? On dit souvent que ça aurait une valeur ajoutée et que ça permettrait de voir de nouveaux projets ou de nouvelles façons de travailler naître. Concrètement, ça veut dire quoi?

Mélissa Cottin : Il y a deux exemples qui me reviennent. Un, c’est ce que disait Isabelle Collet, qui a écrit l’ouvrage “Les oubliés du numérique” et qui l’explique très bien : la première application pour le suivi de ses règles a mis très longtemps à arriver sur le marché, parce que ce n’est pas des besoins qui étaient forcément révélés au sein des personnes qui développaient ces applications-là ! Et le deuxième, à l’ère de l’intelligence artificielle, où aujourd’hui on a quand même des outils qui sont programmés et qui devraient réfléchir à notre place, si elles sont développées par une seule catégorie de la population : homme de 30 ans, blanc, écoles d’ingénieurs,… des biais aussi vont arriver.

Générique : Ce reportage a été réalisé par la Corlab. Retrouvez-le en podcast sur corlab.org


Épisode 5

Coup de projecteur sur les opportunités de formations et d’emplois dans le secteur.


Mélissa Cottin : Chaque nouvelle personne a droit à sa petite photo, ça permet de créer l’arbre de la Maison des associations. Estim Numérique est là, on a Proxité dans les parages, Entourage ici… Et ceux qui sont partis depuis, puisque l’accompagnement dure à peu près trois ans. L’idée c’est vraiment faire qu’on devienne autonome. Ici nous sommes dans la pépinière des associations au sein de la Maison des associations, qui est gérée par l’association Bug et qui regroupe plusieurs associations du territoire rennais.

Journaliste : L’association ESTIM numérique sensibilise auprès du public que sont les femmes, auprès des entreprises, et il y a des événements qui rassemblent les deux publics ?

Mélissa Cottin : Exact. Le troisième volet, c’est bien les événements qui rassemblent un peu ces deux cibles : les particuliers et les entreprises. Créer les interactions, créer les connexions et rassembler les besoins en compétences et les potentiels talents. Donc les événements prennent plein de formes différentes aussi : on a “l’Event” qui est sur une journée entière dédiée à la mixité dans le numérique. Travailler sur les croyances invalidantes, travailler sur les métiers impactés par le numérique et comprendre un peu demain. On a aussi un autre événement “Ramène ta mère dans la tech ” où là, on va être plus sur la sensibilisation au numérique pour les femmes de 40 ans et plus. Le titre peut choquer et en même temps, on a besoin aujourd’hui d’être discriminant puisque les femmes s’autocensurent. Et à 40-45 ans, beaucoup aussi qui sont éloignées du numérique, se disent “mais ce n’est pas pour moi, je ne pourrais jamais y aller”. Donc c’est aussi passer ce message là : À 40-45 ans, c’est possible d’aller dans le numérique et de se reconvertir. Et puis, le dernier évènement né, c’est ‘Teach Me” qui est né pendant le premier confinement, qui est vraiment plus sur la réduction de la fracture numérique. On rassemble deux cibles : des experts du numérique et un public non initié pour aider à la prise en main des outils informatiques et former aux nouveaux usages et aux bonnes pratiques du numérique.

Journaliste : Prochaines dates de Teach Me, on croise les doigts pour que ce soit maintenu : le 13 mars à Ploufragan et le 3 avril à Rennes, à la Maison des associations de Rennes.

Mélissa Cottin : Je crois qu’aujourd’hui, il y a plus de 800 intitulés de postes dans le numérique et 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui. Les métiers continuent d’évoluer. On a beaucoup de métiers autour de la data, donc de la donnée. Le développement reste quand même un sujet. Le développement web, mobile sont des vrais métiers, la gestion de projet aussi. On a besoin aujourd’hui de personnes qui puissent faire le lien entre besoins et techniques et cybersécurité et intelligence artificielle. Forcément, ils sont dans l’air du temps. C’est un secteur qui recrute, qui est en pénurie de talents aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a quand même un certain frein. La crise sanitaire a un impact sur la filière du numérique. C’est clair, mais ça reste quand même une filière qui reste protégée par le numérique, on l’a vu, c’était la réponse la plus adaptée et la plus efficace pendant le premier confinement pour garder contact, faire ses démarches, etc. Et puis, on a gagné peut-être 4 ou 5 ans sur la transformation numérique des entreprises. Dans quelques mois on va vraiment avoir un besoin croissant de compétences dans le numérique et forcément, des opportunités d’emplois, des opportunités de reconversion.

Journaliste : Quelles sont les compétences recherchées pour travailler dans le secteur?

Mélissa Cottin : On parle aujourd’hui beaucoup des soft skills (compétences comportementales) : la réactivité, l’écoute, la rigueur, la volonté, la curiosité. Toutes les compétences comportementales sont presque plus recherchées par l’entreprise que les compétences techniques.

Générique : Ce reportage a été réalisé par la Corlab. Retrouvez-le en podcast sur corlab.org.