L’esprit SEIS

Du SALOn…

Le SEISSalon des Expérimentations et Innovations Solidaires – est un événement tous publics, entièrement dédié à la question des solidarités et des nouvelles formes qu’elles prennent, et qu’elles essaiment…
À grande ou petite échelle, des citoyens issus d’horizons différents inventent, chaque jour, des solutions à des problématiques quotidiennes qu’ils rencontrent ou que d’autres rencontrent. Ce sont ces initiatives que le SEIS veut mettre en lumière depuis sa première édition en 2016.
L’esprit SEIS, c’est celui du changement : contribuer à l’exploration de ce que seront les solidarités de demain, et préparer les futurs professionnels à l’invention de réponses collectives aux nouvelles questions posées par le vivre-ensemble.

Retour sur les précédents seis

…a la Saison

En 2020, pour transformer les conditions sanitaires en réelles opportunités de changement, le Salon s’est transformé en Saison des Expérimentations et Innovations Solidaires. Les objectifs de cette 1ère Saison sont restés les mêmes que ceux qui ont toujours porté le Salon : faire découvrir des projets innovants et solidaires, et permettre aux acteur.trice.s de se rencontrer pour construire les réseaux et les projets de demain.

L’essai s’est transformé et fort de cette première expérience, décision est prise en 2021 de poursuivre sur une Saison éditorialisée sur plusieurs mois, et d’y inclure des temps forts territoriaux, dont le Salon des Expérimentations et Innovations Solidaires qui se déroulera comme à l’accoutumée à Rennes dans le courant du mois d’octobre 2021.

Retour sur la Saison 20/21

Cette Saison a été l’occasion d’aller à la rencontre de projets et de parcours qui innovent et expérimentent dans les champs de la culture, l’entrepreneuriat social, les handicaps, le numérique, l’emploi, la formation et l’insertion, l’accès aux droits, la citoyenneté et la participation, les personnes âgées et l’intergénérationnel, la santé et le bien-être, …

Les formats produits (vidéos, podcasts, revues de presse, articles de fond) se sont articulés autour de 3 thématiques et ce sont près de 50 structures qui ont répondues présentes à notre appel et se sont prêtées au jeu d’interviews…

Citoyenneté et pouvoir d’agir

Il y a presque 20 ans, avec l’entrée en vigueur de la loi 2002-2, les structures sociales et médicosociales se sont vu poser comme injonction celle de « mettre les usager.ère.s au cœur de leur dispositif ».
Pour ce faire, un panel d’outils a dû être déployé dans chacune d’entre elles : Conseil de Vie Sociale, projet individualisé, livret d’accueil… Mais plus que ces outils rendus obligatoires, c’est toute une organisation qui a dû se repenser, des pratiques qui ont été bousculées, des postures interrogées. Car « faire avec » ne se décrète pas. Et si l’on veut dépasser la simple injonction et y donner un sens, il faut du temps. Du temps pour laisser le choix aux personnes, du temps pour comprendre et prendre en compte leurs besoins mais aussi leurs avis, quelles que soient leurs limitations.
Le travail social y était-il d’ailleurs préparé ?

lire la suite

Le sens de ce mouvement de participation des usagers est à rechercher dans une histoire plus longue, et riche d’enseignements, celle des prémices de l’éducation populaire, dès le XVIIIème siècle, quand est déjà prônée l’éducation de tous par tous.

Les mouvements qui en découlent depuis, nous invitent tou.te.s, de diverses manières, à prendre en main nos valeurs, nos projets, nos actions et les mettre à disposition du plus grand nombre dans un souci d’élaboration collective et de co-éducation. Ces chantiers n’ont pas attendus la contrainte pour apprendre à faire avec, pour et par les individus, et à développer en cela leur pouvoir d’agir et leur place dans la cité.

C’est cet héritage que l’on peut lire aussi dans les mouvements plus récents qui se développent et suscitent l’engouement : le DIY ou Do It Yourself pour fais-le toi-même, les Tiers-Lieux qui viennent embrasser des espaces qui ne sont occupés ni par le travail, ni par la famille, etc. Ces nouvelles expérimentations sont autant d’invitations à repenser notre rapport à la société et aux autres.

La question des Solidarités, longtemps vue comme l’apanage du travail social, heureusement la transcende. Des start-ups, des collectifs de citoyen.ne.s, des individus isolés, des collectivités ou encore des établissements médicosociaux deviennent précurseurs dans l’innovation sociale en tentant de trouver des solutions pour répondre à des besoins peu ou non couverts.

Le propos n’est pas ici d’opposer deux mondes, mais plutôt de souligner notre intérêt commun à nous nourrir de l’expérience des un.e.s et des autres.

Pour pouvoir ou vouloir agir sur son quotidien ou sur son propre devenir, il faut croiser la route d’institutions, structures ou personnes qui permettent cette « prise de pouvoir ». Nous vous proposons ici de découvrir des femmes et des hommes, des organisations de travail ou des projets qui ont placé la question de « l’empreinte de chacun.e dans un projet collectif » au centre de leur préoccupation, quitte à perdre un peu de pouvoir… mais pas celui d’agir !

Inclusion et accès aux droits

Ramener les bénéficiaires de l’action sociale au cœur du droit commun. Notre nouvelle thématique à l’honneur articule deux enjeux, l’inclusion et l’accès aux droits, qui ont marqué conjointement un tournant dans l’action sociale, dans la façon de penser les publics et dans la manière de faire société. D’abord très associée aux champs du handicap et de l’éducation dans les années 2000, l’inclusion est désormais un référentiel global dans l’action sociale, quels que soient les publics ciblés. Car cette notion affirme le droit de toutes les personnes à accéder aux institutions communes et destinées à tou.t.e.s, quelles que soient leurs éventuelles particularités. Nous avons programmé des projets qui, en ce sens, reflètent et légitiment ce paradigme, par des actions collectives concrètes ayant toutes en commun de lutter évidemment contre l’exclusion, mais encore et surtout, par des chemins porteurs d’égalité réelle et d’une certaine idée de la cohésion.

Lire la suite

Ramener les bénéficiaires de l’action sociale au cœur du droit commun. Notre nouvelle thématique à l’honneur articule deux enjeux, l’inclusion et l’accès aux droits, qui ont marqué conjointement un tournant dans l’action sociale, dans la façon de penser les publics et dans la manière de faire société. D’abord très associée aux champs du handicap et de l’éducation dans les années 2000, l’inclusion est désormais un référentiel global dans l’action sociale, quels que soient les publics ciblés. Car cette notion affirme le droit de toutes les personnes à accéder aux institutions communes et destinées à tou.t.e.s, quelles que soient leurs éventuelles particularités. Nous avons programmé des projets qui, en ce sens, reflètent et légitiment ce paradigme, par des actions collectives concrètes ayant toutes en commun de lutter évidemment contre l’exclusion, mais encore et surtout, par des chemins porteurs d’égalité réelle et d’une certaine idée de la cohésion.

Territoires, lien social et transmission

Pour cette troisième thématique à l’honneur, nous vous proposons une entrée autour de deux concepts, ceux de territoires et de transmission. Si elle s’intitule « territoires, lien social et transmission, c’est justement parce que la question du lien social nous semble à la fois être le trait d’union entre les deux autres concepts, mais aussi parce qu’il nous semble être central aux questions des solidarités, inhérent à toute expérimentation sociale collective et qu’il a d’ailleurs traversé tous les projets que nous vous avons présentés à ce jour, à titre d’objectif ou de moyen d’innovation.

lire la suite

Le lien social peut être entendu dans sa fonction d’unir l’individu aux groupes sociaux et de garantir leur coexistence pacifique. Si les sociologues et les philosophes politiques ont tenté à travers l’histoire de définir le lien social, a fortiori aux ères de sa dite « crise », la thématique ne livre aucune définition commune mais décline une variété de réalisations marquantes et porteuses de confiance dans les pistes du vivre ensemble. A rebours du commentaire contemporain sur le délitement de la cohésion sociale, d’opposition entre universalité et communautarisme ou vivre ensemble et séparatismes, la SEIS braque les projecteurs sur les espaces qui font société à leur échelle, sur les mouvements qui réduisent un peu la distance entre l’individu et le groupe, où l’intégration se fait sans effacement de la personne, où les particularités ont leur place dans le tout.

Aujourd’hui, nous vous proposons de mettre cette question du lien social en tension avec deux dimensions collectives, le territoire et la transmission : dimensions à-même de lui donner sens et direction, incarnation et contextualisation, spatialité et temporalité.  La thématique est composée de projets qui créent du lien social sur, par et pour des territoires, ainsi qu’à travers la transmission, au sens d’échange et de formation. C’est donc une acception dynamique du lien social que nous vous proposons : dans l’espace et le temps de construction entre individus. Ce sont là en effet deux supports concrets et incontournables de sa pertinence, de son efficience et de sa pérennité pour les collectifs.

Puisqu’il est question de territoire, soulignons que la SEIS est une Saison qui programme des projets nationaux, voir internationaux, parfois en cours d’essaimage sur divers territoires, c’est aussi une programmation majoritairement bretonne, mais aussi brétilienne, costarmoricaine, finistérienne, morbihannaise, trop souvent rennaise, mais aussi un brin parisienne, de plus en plus rurale, intercommunale… une programmation qui compte des collectivités territoriales, des tiers-lieux, des espaces d’expérimentations localisées. La question de la représentativité territoriale est centrale pour nous, non pour parler de tout le monde, ni pour faire parler tous et toutes, mais surtout pour parler mieux des solidarités, en les problématisant toujours au regard des territoires qui les font vivre à leur donnent leur légitimité.

Le territoire est une question éminemment politique, c’est un espace différencié, avec des spécificités géographiques, historiques, culturelles et économiques. Il est de plus en plus utilisé dans son acception d’une échelle locale pertinente où l’individu peut se sentir inclus, où il essaie d’agir et ancre sa citoyenneté et sa participation. Face au mouvement historique de reflux des logiques politiques jugées trop descendantes, des volontés politiques de plus en plus locales, partagées, participatives, semblent nous raconter que l’horizon d’action collective le plus réaliste, le plus convivial, le plus actif et instructif, est surtout celui des territoires qui font sens par la force des représentations qu’ils sont à même d’évoquer aux individus qui les composent. Ce sera l’appartenance à un quartier, le choix d’un l’habitat partagé, la défense d’un environnement planétaire, ou d’une zone naturelle protégée en particulier, l’échelle départementale, la culture régionale, la ruralité comme mode de vie ou l’identification à une campagne en particulier, … Qu’il soit support de solidarités vivantes, ou un but en soi à défendre, le territoire est un écosystème qui s’articule autour d’un lieu commun, des gens qui y vivent et des institutions qui en construisent la cohérence dans l’espace… et à travers le temps.

C’est ici qu’intervient une seconde dimension, celle de la transmission, avec laquelle nous souhaitons jongler pour cette thématique. Car rappelons-le, la SEIS est portée par ASKORIA, acteur de la formation en intervention sociale.

Ce concept peut revêtir selon son champ, psychologique, sociologique, pédagogique, technique, etc. des enjeux très divers. Nous l’entendons ici au sens d’un mouvement du passage aux autres et notamment aux générations suivantes, des valeurs et usages jugés essentiels pour tou.te.s et pour demain. Entre liberté et déterminisme, mutations et préservation, qui peuvent sembler 2 directions opposées, le défi est de les faire justement coexister dans les expérimentations solidaires menées.  L’injonction peut être double entre se développer et progresser d’un côté et préserver un héritage et des valeurs de l’autre. Transmettre revient alors davantage à reconnaitre la capacité de savoir à l’autre, la capacité de comprendre, désirer, et développer.

Pour la question territoriale, le « retour au local » a émergé comme un ancrage incontournable dans la construction des collectifs, afin de favoriser la participation des population, l’adéquation entre les besoins, les ressources et les possibles à inventer ensemble. De la même manière, concernant la question de la transmission, les projets présentés cette année questionnent l’aspect descendant et centralisé des formes communicationnelles, éducatives, ou de formation. La passation en soi devient un enjeu d’expérimentation. Est interrogée la réciprocité des savoirs, est revendiquée l’expression de tou.te.s, la transmission de matrimoine  au même titre que le patrimoine par exemple, est explorée l’adaptation nécessaire des contextes de transmission, sont proposés des espaces-temps d’échanges, d’habitats ou de soins alternatifs. Le vivier de solidarités est aussi riche que non-exhaustif pour cette troisième transmission éditoriale du Campus. Elle pose la dernière brique à cette Saison qui s’animera encore pour les 2 prochains mois. Un territoire virtuel s’est construit au fil de cette Saison. Il augure, nous l’espérons, des liens sociaux réels, matériels, imaginaires, transterritoriaux et interdisciplinaires qui verront émerger du commun, ou qui contribueront simplement à inspirer les projets en cours ou en germes dans vos esprits et ceux des futurs acteurs des solidarités.  

Ils/elles ont fait la Saison 20/21

Accédez à toutes les structures présentes et aux projets qu’elles portent.