Fait Main #8 par Tout Atout

Askoria accueille un chantier d’insertion de jeunes par l’artisanat d’art

LE réaménagement du hall d’accueil d’askoria confié à une équipe de jeunes et d’artisans d’art

Fait Main, 8ème édition
L’association Tout Atout propose à des jeunes orientés par des structures sociales d’insertion professionnelle, de travailler en équipe avec des jeunes des Beaux Arts de Rennes, à la réalisation d’un objet manufacturé, en réponse à un cahier des charges par un commanditaire extérieur. Ce chantier est l’occasion pour les jeunes de découvrir concrètement différents domaines des Arts appliqués, de s’engager dans un parcours de réalisation en étant accompagnés dans la durée, par des artistes et artisans.

La commande par Askoria : réaménager le Hall d’accueil
Pour 2021, Fait Main a élu résidence à Askoria sur le site de Rennes pour répondre à une commande d’aménagement du hall principal. L’objectif ? Réaliser en 4 mois, des éléments mobiliers et signalétiques pour rendre cet espace d’entrée et de circulation plus “accueillant”.

En savoir plus :
Découvrez l’association Tout Atout et le chantier Fait Main
Découvrez l’intégralité du projet sur le site d’Askoria
Découvrez l’interview de Marc Rousseau, (directeur général adjoint d’Askoria) sur l’inscription de ce projet dans le développement des espaces pédagogiques à Askoria.

Suivez les chantiers au fil de l’eau

En images et à travers les témoignages des jeunes et des artistes, découvrez tout au long du printemps 2021, les étapes de Fait Main #8 à Askoria, de l’imprégnation du projet à l’installation des œuvres, en passant par les étapes de conception, présentations, fabrication.

29 mars 2021

ETAPE 1Rencontre entre les jeunes et appréhension de l’espace à travers un atelier chorégraphique

du 6 au 10 avr. 2021

ETAPE 2Première semaine de workshops pour la conception des maquettes d’aménagement du hall

du 12 au 16 avr. 2021

ETAPE 2Seconde semaine de workshops pour la conception des maquettes d’aménagement du hall


du 19 avril au 30 avr. 2021

ETAPE 3Présentation des maquettes réalisées par les jeunes et vote du public

Mai 2021

ETAPE 4
Résultats du vote public

29 mars 2021 – La rencontre

En guise de lancement du projet, les jeunes de Tout Atout, les élèves de Beaux Arts et une partie des artistes intervenants se sont rencontrés autour d’un atelier chorégraphique conçu et animé par Florence Loison (chorégraphe et directrice de Zutano Bazar). Cet atelier a non seulement pour vocation d’amorcer la cohésion d’équipe mais aussi de permettre à chacun.e d’appréhender l’espace du hall avec leur corps, d’en éprouver l’architecture par le geste.

Florence Loison invite l’équipe à investir l’espace en musique

Mobilier humain
Les jeunes et les intervenants explorent avec leurs corps et à travers leurs interactions, différentes projections possibles pour les éléments de mobilier au sein du Hall d’Askoria Rennes

Signalétique vivante
Un autre groupe chorégraphie diverses options de signalétique animée dans l’espace

6 au 16 avril 2021 – La conception, semaine 1

C’est accompagnés d’artistes, au sein d’ateliers en tout genre, que les jeunes de Tout Atout et des Beaux Arts de Rennes s’imprègnent des diverses techniques qui leur sont présentées pour imaginer collectivement les pistes d’aménagement du hall : sérigraphie, couture, dessin, réalisation 3D… A l’issue de cette phase de recherche et d’expérimentation, ils produisent en binôme une maquette d’aménagement du hall qui devra être présentée au jury et soumise à un vote participatif des usagers d’Askoria.

L’occasion pour nous de vous présenter les intervenants pour ce Fait Main #8 :

  • Designers : Frédéric Laroche et Gwenaelle Vinouse, de l’Atelier A4
  • Métallier : Frédéric Laroche
  • Graphisme et signalétique : Maxime Roy et Loic Creff
  • Artisan tapissier : Michaël Laurent

Lancement des sessions de conception à Askoria
Après la rencontre des l’espace avec les corps, les jeunes projettent en 2D leurs représentations et interprétations de l’espace à aménager. Une rencontre avec les personnels usagers de ces espaces (équipes d’accueil, d’entretien, de sécurité) leur permet de recueillir les expériences du lieu, et de confronter leurs premières idées, aux usages et aux conditions indispensables à rencontrer.

Dans les coulisses des ateliers Fait Main #8
Les premières recherches graphiques, picturales, 3D et architecturales des jeunes…

Un détour par le Marché Noir
Les jeunes découvrent les techniques de la sérigraphie dont ils vont aussi pouvoir s’emparer pour concevoir leurs mobiliers et signalétiques pour le hall d’Askoria Rennes


Conversation avec Katell et Sarah, participantes de l’atelier Fait Main #8, le 9 avril 2021

Pouvez-vous vous présenter ?

Katell – Je m’appelle Katell, j’ai 27 ans et je fais partie du projet Fait Main, parmi les personnes intégrées directement par Tout Atout. Je suis en reconversion professionnelle. Je n’ai pas défini le corps de métier mais peut-être quelque chose comme l’ébénisterie… sachant que j’ai, à la base, une formation en marketing. Donc rien à voir! J’ai quand même déjà 4-5 ans d’expérience derrière moi.

Comment es-tu arrivée sur le projet Fait Main?

Le bouche à oreille, un coup de bol sans nom! J’ai terminé mon contrat mi-février et j’ai échangé avec des amis pour réussir à imaginer la suite. Je souhaitais prendre un maximum d’expériences, expérimenter plein de choses pour définir une ligne directrice et une formation à commencer d’ici septembre. Je dois maximiser ces expériences pour pouvoir choisir quoi faire ensuite. Et dans les discussions, j’ai vite été intéressée par du projet participatif, ce genre de choses. C’est une amie étudiante à Askoria qui m’a parlé de Tout Atout. Ensuite, la connexion s’est très vite faite avec Simon (salarié à Tout Atout) (…). Je suis très contente car ça va directement dans la ligne vers laquelle je pense me diriger ! C’est une chance unique de pouvoir faire un projet de A à Z et de pouvoir expérimenter tous ces métiers dans un seul projet. 

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Tu as pourtant une idée assez précise du corps de métier vers lequel tu veux aller, l’ébénisterie. Or le projet Fait Main est plutôt interdisciplinaire ?

Je ne veux pas me fermer à un corps de métier. Je vais vers l’ébénisterie mais je peux avoir une bonne surprise et me dire « ah non au final c’est pas du tout ça !». Peut-être que demain je vais découvrir qu’en fait je veux être métallière ! Je n’ai pas défini encore fait suffisamment d’ébénisterie pour être certaine que ce sera ça.

Sarah – Moi je m’appelle  Sarah, j’ai 21 ans et je suis arrivée aux Beaux Arts de Rennes en 2ème année. Avant, j’ai fait un BTS en scénographie, c’était “design, communication, espaces et volumes”, pour l’intitulé exact. Cette année, j’avais envie d’élargir mes compétences et de voir des choses plus précises que dans mes ateliers… tester pleins de choses! Avec Tout Atout, on a cette chance inouïe de rencontrer d’autres personnes, pleins d’artistes.

En quoi ce que tu expérimentes ici est différent de ta pratique aux Beaux Arts?

Fait Main, c’est très diversifié : le travail avec la chorégraphe au début, avec les graphistes ensuite, etc. Et on apprend à mettre tout en lien. Aux Beaux Arts, on est dans des ateliers précis, et on fait les choses de nous-mêmes. Ici on est en contact direct avec les gens, les autres jeunes de Tout Atout, et ça ouvre les perspectives…

Comment s’est passée la rencontre entre vous tous ? 

Katell – On n’avait pas trop d’appréhension, ou ça dépend du caractère de chacun. Nous avons commencé par une demie journée aux Beaux Arts, c’était la première rencontre dans des espaces qu’on ne connaissait pas, avec que des gens nouveaux. C’était plus perturbant pour ma part. Un peu intimidant. Mais on nous a fait visiter toute l’école en petits groupes : ça a créé du lien plus facilement.

Et surtout, ce qui a tout débloqué, c’est la journée avec la chorégraphe! Elle a joué sur l’intime, ça a cassé les barrières… le fait qu’on ait à se toucher, se frôler, à devoir se faire confiance les uns les autres, sans les mots. Ca a beaucoup facilité ensuite le travail de discussion tous ensemble.

Sarah – Oui, je suis d’accord et le fait d’être par petits groupes, ça fonctionne bien. On bouge d’un groupe à l’autre, on change, ça se mélange bien. Chacun va à son rythme.

Katell – Oui on est toute la journée ensemble et pour avancer sur le projet, on doit de toute façon communiquer, on n’a pas le choix. 

Comment se sont fait les groupes au début ?

Sarah – Par hasard, tous les noms étaient au tableau, et on a réparti un peu au hasard. 

Katell – Mais on a essayé de mixer quand même : des jeunes des Beaux Arts et de Tout Atout. On n’a pas les mêmes spécialités, donc il fallait homogénéiser chaque groupe.

Cette semaine était le lancement de la conception : avez-vous été inspirées ? Que pouvez-vous nous en dire ?

Sarah – C’était assez riche comme semaine ! Au début on n’était pas trop inspirés! Mais les interventions des professionnels ont nourri notre inspiration.

Katell – Oui on est partis d’un avis très neutre… à réfléchir l’espace avec une chorégraphe, avec un scénographe, avec chaque artiste, tous différents. Et au fur et à mesure, on visualise l’espace d’une autre manière que ce qu’on en avait perçu!

Sarah – On commence à trouver des axes, les notions qu’on veut exploiter…

Katell – Et il y a cette idée de se nourrir tous ensemble. Aujourd’hui on a tourné à chaque fois par atelier et on a repris le travail des équipes d’avant, repris pas pour les améliorer, mais pour les compléter. Donc c’est riche de voir ce que ça donne à la fin quand chacun y a mis sa patte! C’est une sorte de cadavre exquis! 

Et à ce stade, si vous deviez imaginer la forme de quelque chose dans le hall, ça donnerait quoi?

Sarah – Quelque chose d’original, de convivial, de coloré, chaleureux… qui donne envie, quand on rentre, de rester dans le hall pour voir ce qui s’y passe !

Katell – Quelque chose de plus logique, en terme de signalétique, de plus intuitif… Pour moi, d’ailleurs, l’échange avec les usagers a été extrêmement utile pour avoir leur vision des choses. Une fois qu’on a la tête pleine, la tête dans le projet, on pourrait s’éloigner de la perception des autres, qui y vivent, y travaillent et connaissent le lieu. 

Sarah – Et dès lundi, nous rencontrerons, je crois, des étudiants d’Askoria pour continuer ces échanges ! En tout cas, merci de nous avoir donné la parole!

Entretien à Askoria Rennes, vendredi 9 avril 2021

11 au 16 avril 2021 – La conception, semaine 2

Pour cette deuxième semaine consacrée à la conception des projets d’aménagement du hall, les jeunes du chantier Fait Main #8 ont donné forme aux premières recherches qu’ils ont engagées avec les artistes intervenants. Nourris des premiers retours des usagers d’Askoria (étudiant.e.s, formateur.rice.s et personnels), ils ont puisé dans les multiples disciplines qui leur ont été proposées (design, sérigraphie, tapisserie d’art, typographie, dessin, etc.) pour projeter leurs idées dans des maquettes élaborées collectivement.

En guise de mise en bouche avant la présentation des maquettes finales du lundi 19 avril au lundi 26 avril 2021, découvrez un aperçu en images des premières ébauches et du fourmillement qui s’est intensifié dans les coulisses du chantier !

Recherches
Découvrez toutes les facettes des pistes de recherche explorées par les jeunes,

et comment leur espace d’atelier s’est vu transformé au fil des workshops, en un véritable chantier… inspirant!

Quelques références bibliographiques qui ont nourri les recherches

En avant première
Découvrez les premières modélisations et éléments des maquettes !

Rendez-vous à partir du lundi 19 avril pour le résultat final et intégral des 5 maquettes en préparation

Entretien avec Fred Laroche,
artiste intervenant sur le projet Fait Main #8.

Designer plasticien, de l’Atelier A Quatre
Propos recueillis le jeudi 15 avril 2021, à Askoria Rennes

Peux-tu nous partager un petit bilan de ce Fait Main #8 après 2 semaines de conception ?

Ce qui a pu ressortir pour ce nouveau Fait Main, par rapport au dernier chantier pour la fabrication d’un bar au 4Bis, c’est que nous avons moins de groupes, donc moins de réponses à la commande… et moins de projets sur lesquels papillonner pour les jeunes. Les projets sont plus nourris en détails.

C’est aussi parce que nous avons multiplié les intervenants : 2 designers plasticiens, 2 graphistes, un tapissier d’ameublement… les projets sont plus inspirés de A à Z (la typographie, à la signalétique, leurs supports de communication qui peuvent être du volume, du mobilier, du travail dans l’espace, sur les murs, les sols et les plafonds, les sélections de couleurs, etc).

Je leur demande d’accessoiriser leurs projets : « A-t-on besoin d’équipement, de petites fontaines à eau, d’horloge, d’un dateur, d’un calendrier, d’éclairages ? » Leur laisser à l’esprit qu’on n’est pas censé tout faire mais qu’on peut faire appel à un fournisseur qui propose des solutions toutes faites, afin d’agrémenter un projet.

Sur les 5 projets émergents qui seront présentés le 19 avril, il y a à chaque fois 4 ou 5 personnes autour. Les propositions ont toutes une certaine globalité d’aménagement : ce ne sera pas juste un projet d’assise ou de signalétique en soi. Ils essaient tous une ambiance. Il y a des points communs, mais les propositions restent assez différentes.

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Et ils n’ont pas été noyés par toutes les disciplines qui leur ont été présentées ?

A notre grande surprise pas du tout. Ils ont tout pris de front. On a essayé au départ de faire des groupes en fonction des appétences, mais ça n’a pas pris. J’étais super content de voir que pour aucun ça ne posait un problème d’avoir à toucher à tout. Ils se sont dit : « Ok on va essayer. Et si on n’y arrive pas, quelqu’un d’autre du groupe va prendre en charge et pourra s’en occuper avec tel ou tel intervenant ». Ca rebondit bien. Ils ne le font pas tous. Certains gardent leurs postes sur la signalétique ou sur le mobilier dans l’espace. Mais on n’a pas eu de groupe majoritaire ou minoritaire sur les aspects de l’aménagement. Tous les groupes ont pris tout en compte.

Au-delà des aspects techniques, travaillent-ils un récit conceptuel ou thématique aussi du projet ?

Oui, ils ont par exemple nommé leur projet. C’était difficile. Mais ils ont réussi comme si c’était un produit ou un thème. Et Maxime (graphiste intervenant) réalise une captation audio : on leur a demandé de choisir une petite phrase pour décrire leurs intentions, phrase qui viendra illustrer un diaporama sur leur projet.

Et la présentation publique sera travaillée, improvisée ?

On leur a expliqué qu’on serait là pour les appuyer. C’est difficile de préparer ça à l’avance. Pour chaque groupe qui passera, on sera là si ça bloque, si ça bute… s’ils oublient de mettre le doigt sur l’essence même du projet, on sera là pour mettre ça en valeur. Ils peuvent compter sur nous. Mais on n’a pas le temps de faire le travail de l’oral. Et il y en a à qui ça ne va poser de toute façon aucun problème.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle donc Fred Laroche et je suis designer plasticien. J’ai fait une formation de 2 ans au Jardin Moderne dans les années 2000. Et j’avais postulé pour intégrer les Beaux Arts de Rennes dans le décor de scène. C’est, à l’époque, ce qui me plaisait. J’ai donc suivi une formation de design pendant 5 ans aux Beaux Arts. Et je travaille avec Gwenaëlle qui est aussi issue des Beaux Arts de Rennes et de Reims. On a monté ensemble l’atelier A Quatre en 2007, où on travaille de manière indépendante : on répond à des commandes publiques et privées, dans l’aménagement, en petites séries ou en pièces uniques.

On a travaillé par exemple pour la Fac de Rennes 2, pour une commande de bancs dans le bâtiment S et pour un projet de recyclage de tablettes de l’amphi Châteaubriand afin de les transformer au lieu de les jeter. On fait aussi diverses réponses d’aménagement pour des projets privés, pour des bars, des agencements de boutiques etc.

Quelle est votre complémentarité à toi et Gwen ?

Gwen est plus à l’aise dans la partie métrage, conception, prise de côtes, et dessin technique ou dessin de plan, puis fichiers pour travailler les coupes. Elle fait aussi beaucoup de travail d’atelier, de réalisation. Et moi j’ai plus de facilités sur les finitions : soudure, métallurgie, pliage, menuiserie, peinture.

Qu’est ce qui t’a fait venir sur Fait Main ? Pourquoi re-signes-tu pour ce 2ème chantier ?

Jérôme m’a contacté en décembre 2019 pour qu’on se rencontre autour d’un projet de transmission avec des jeunes sur un projet plastique de réalisation d’objet. Moi ça touchait à une corde que je voulais faire jouer depuis ma formation : la transmission à des personnes en milieu carcéral, pour travailler dans des milieux où on ne s’attend pas à avoir des espaces de création. A l’atelier A Quatre, on a toujours voulu avoir la dimension de transmission auprès de stagiaires : c’est un moment de respiration, quand on peut se le permettre. Pour avoir un regard extérieur, prendre du recul. C’est chronophage mais ça apporte beaucoup, et on peut apporter beaucoup.

Gwen et moi avions un peu d’expérience d’enseignement. Et moi ça ne me faisait pas peur d’aller transmettre à des profils plus spécifiques, qui n’auraient pas forcément la fibre artistique. J’avais juste demandé à Jérôme que ce soit volontaire, que ce ne soit pas une contrainte pour eux. Là c’est de leur propre gré, c’est donc que du plaisir de transmettre. Le contraire m’aurait bien été aussi mais il aurait fallu un temps de formation pour réussir à encadrer et accompagner des publics moins volontaires.

Comment va se passer la prochaine phase, à partir de la présentation des 5 projets ?

Nous allons faire un travail de synthèse en 2 semaines une fois le vote clôturé. Nous devrons mixer les belles intentions qui sont plus ou moins réalisables. Voir celles qui doivent être sous-traitées, celles qui peuvent être faites en atelier. Pourra-t-on avoir les matériaux ? Beaucoup de questions de faisabilité restent ouvertes.

Mais en tout cas avant de présenter un projet final et synthétisé au commanditaire, il aura été représenté aux participants du chantier et ce sont eux qui voteront pour celui qui leur convient le mieux. Et celui qui sera le plus cohérent avec toutes les démarches. Nous notre rôle c’est de faire le projet le plus réalisable, en prenant en compte au maximum les apports des participants.

Qu’attends tu de l’avis d’un public consulté pendant cette semaine ? Sur quoi aimerais tu porter l’attention ?

Je trouve que le hall a du potentiel. Il a une identité certaine déjà avec sa géométrie, ses couleurs et tonalité, son aménagement. Mais le risque c’est qu’on ne voit pas sa fréquentation habituelle. On est au ralenti sur l’usage du lieu qui apparait donc forcément différent. Donc une de mes attentes, c’est que le jury n’hésite pas à dire : « Ca ça fonctionne très bien mais il faut que ce soit moins généreux, plus généreux, plus ou moins petit… ». Car vous avez une connaissance du lieu différente.

On va avoir du mal à convenir au goût de chacun mais on notera tout pour prendre un maximum de ce qui est apprécié.

Et il est possible qu’on ait des versions assez négatives et qu’on doive sortir un plan B.

Tu avais pourtant l’air confiant, en bilan de ces 2 semaines de conception ?

Oui parce que je trouve qu’on a avancé. Le pire écueil aurait été de sortir 2 planches et 3 petits dessins après 2 semaines de workshop. Je trouve qu’on a de la matière.

Et je fais confiance à la force de projection : même si c’est une esquisse, on peut se rattacher à une idée, une petite voie à explorer.  

Mais il peut arriver que ça ne convienne pas du tout et qu’on doive redessiner. Par expérience on peut parfois se heurter à des incompréhensions quand on pense que ça répond et que ça ne convient en fait pas du tout. Je ne pense pas qu’on soit dans du hors-sujet ici mais je les ai quand même préparés aujourd’hui.

Donc je les encourage à présenter la moindre esquisse, le petit détail oublié, car on peut, à partir de ce petit détail, se projeter parfois. Et le commanditaire peut être séduit par diverses pistes qui n’auraient pas été présentées de manière aboutie. C’est peut-être le petit dessin à côté et pas le projet abouti qui va retenir l’attention et inspirer. Il va falloir être dans l’écoute et rebondir. On les encourage donc à étoffer. Ne rien laisser de côté. Plus la proposition sera riche plus on pourra imaginer des usages différents.  Ils sont aussi au courant aussi que le jury pourra piocher dans les divers projets sur les éléments qu’ils préfèreront.

Lundi 19 avril – Présentation des 5 projets

Les jeunes ont travaillé 2 semaines entières en workshops pour élaborer 5 pistes d’aménagement du hall d’Askoria. Attendus pour concevoir du mobilier et de la signalétique en réponse à la commande, ils ont présenté des maquettes relativement abouties. Ils ont en effet exploré à la fois des propositions globales d’aménagement, et été encouragés à présenter les moindres détails de leurs recherches formelles et des diverses déclinaisons possibles de leurs univers.

Cette présentation était un aboutissement du travail collectif, mais aussi une importante étape personnelle d’expression publique, partie intégrante du parcours pédagogique engagé par l’association Tout Atout dans le cadre des chantiers Fait Main.

Ils ont pu compter en tout cas sur un accueil chaleureux du public présent, qui s’est montré curieux et a pu constater, avant même de se prononcer par le vote, la qualité du travail, la diversité des pistes explorées et la créativité collective déployée.



Du 20 au 30 avril, les étudiant.e.s et salarié.e.s ont pu voter en ligne
ou en présentiel sur le site de Rennes.

Les résultats de la consultation publique

134

votes

47%

d’étudiant.e.s

42%

de salarié.e.s

2 projets ont été particulièrement plébiscités

Moléculaire

Ayant recueilli près de 60% des suffrages, Moléculaire a séduit par sa proposition d’aménagement global et son ambiance ludique et épurée. L’idée d’une signalétique partant de la colonne centrale a aussi fait mouche. Un manque a été relevé : l’absence de végétaux… une idée à glaner sur un autre projet?

” J’aime son idée ludique”

” J’aime l’ambiance épurée, les matériaux utilisés. Pourquoi ne pas ajouter à cette ambiance quelques touches un peu plus “chaleureuses” (mur végétal…) . Le bar est peut-être un peu “court”.

“L’intelligence du projet qui fait de ce hall un vrai espace de transition entre le dehors et le dedans . J’ai apprécié le traitement très graphique des verticalités et l’usage du bois qui vient apporter une note de chaleur et d’humanité dans cet espace actuellement un peu froid”

” L’idée de mettre une signalisation au sol sans vraiment faire de ligne est une bonne idée, ça n’agresse pas l’oeil et on ne sent pas obligé de les suivre. (…) le choix de pouvoir bouger le mobilier à notre guise donne envie d’y être seul comme accompagné, il y en a pour tous les goût. Le seul hic c’est qu’il manque de verdure et peut-être un aquarium, ça relaxe beaucoup.”

” Simple et en accord avec l’existant et le fait d’être un institut de formation

Horizon naturel

Avec 55% des suffrages, ce projet a séduit quant à lui pour sa proposition végétale et nature, le sentiment de sérénité qui s’en dégage, le mobilier inventif et l’aménagement global. Si les couleurs et matériaux ont aussi plu, a été pointé un décalage important avec la charte visuelle d’Askoria cependant.

” L’idée du grillage est trés intéressante car c’est léger et cela laisse passer la lumière + permet d’afficher plein de choses et de modifier l’ambiance au gré des envies.”

” L’utilisation du bois naturel et des panneaux d’affichage qui laissent passer la lumière est un vrai plus !”

” Belle présentation, mobilier mobile, le “bar à ordi”, les luminaires, la signalétique. Les couleurs mauve, violine et bleu sont un peu foncées. Pourquoi ne pas rester dans les couleurs type Askoria : Ardoise, terra cota et ivoire ?”

“Penser à mettre autant de nature d’en un espace fermé est risqué, mais dans ce cas, ce n’est ni trop ni pas assez. Les assises en hauteur sont une bonne idée et ça fait travailler l’intelligence visuo-spacial ;), ça donne envie de venir si poser même sans y travailler. Il fallu avoir un peu de marquage signalétique au sol et ça aurait été parfait.

Retours sur les 5 projets : des points forts pour chacun !

” Le projet LINEA est bien travaillé mais je doute du confort d’assise sur des grillages….

” OCTOGONE m’a plu également : j’ai aimé les modules en escalier. De manière générale, j’aime beaucoup la notion de parcours, de signalétique au sol pour inviter au parcours (dans le projet octogone).”

“En fait les 5 projets sont intéressants chacun avec une approche un peu différente mais qui accroche, c’est ça que l’on attend ! se souvenir, que les lignes et les couleurs d’un lieu restent en mémoire… c’est ça que j’attends d’un endroit de ‘transit’ justement, passer un moment agréable, un vrai hall d’accueil avec les signalétiques, le mobilier, la décoration, le design, l’ambiance qui sortent de l’ordinaire.. 5 critères qui démarquent d’un autre lieu.”

” Dans le projet Linéa j’ai adoré le mobilier en grillage peint et bois léger et mobile, mais la signalétique est peu lisible, et dans le projet horizon naturel j’apprécie la pause végétale, qui manque à Askoria. Merci pour ces projets inspirants !”

” Pour Octogone, j’aimais bien le principe de siège autour des piliers”

“Plusieurs projets ont proposés de la végétation, c’est une excellente idée à retenir. Pour faire le lien dedans-dehors, et pour tous les bienfaits sur les sens, la perception, le ressenti qu’apportent les plantes. L’idée du terrarium à la place des 4 écrans à très bonne. Pourquoi pas mixer cet emplacement avec une fonction Kiosque + espace vert. Il faut conserver des espaces d’affichage conséquents mais je ne choisirai pas des grands panneaux de plusieurs mètres qui risquent d’alourdir la sensation d’enfermement quand on rentre dans le hall. Enfin , les idées de parcours guidées par de la signalétique qui descend des poteaux, vers les autres espaces est intéressante. De même que délimiter des zones ‘je discute’, ‘je consulte’ … dans le hall est nécessaire, que ce soit par de l’éclairage mural ou un revêtement particulier au sol.”

“Tous les projets sont intéressants, le moléculaire pour les matières et couleurs, les autres en incluant des éléments naturels.”

“J’aime bien Le totem signalisation du système octogone. Concernant Géopoly, j’aime bien la signalétique qui part du poteau. Par contre, à mon goût, il y a trop de couleurs et est trop chargé.”

” Tous les projets comportent de vraies qualités : le mobilier octogonal, le meuble en « C » de linea, les terrariums ou la vegetalisation de l’espace vitrine … un grand bravo à tous les participants… VRAIMENT !”

“Tous les projets sont formidables, le choix n’a pas été simple ! Bravo à toutes et tous.”

“Espace octogone pour la signalétique (répétition d’un motif)horizon naturel. Terrarium.La Geopoly est pas mal. Un petit cocooning ou il fait bon vivre.

“Une remarque globale très positive de l’ensemble des projet qui répondent aux constats de l’espace (clinique pas de signalétique, pas d’espaces identifiés, couleurs.) et des idées à prendre autour des ambiances selon les espaces. Horizon naturel pour la vitrine. Octogone pour une table de présentation des plaquettes formations Tous les projets étaient magnifiques”

L’étape du projet final, à l’écoute de tous ces retours

Gwennaëlle Vinciane Vinouse, de l’Atelier à Quatre, a retravaillé 2 propositions avec les jeunes de Tout Atout et des Beaux Arts, en les incitant à la fois à puiser les points saillants qui sont ressortis des retours du comité de pilotage et de la consultation publique… et à intégrer la charte graphique d’Askoria pour une cohérence finale de l’aménagement avec l’univers plus global des locaux et l’identité de l’institution.

Une proposition est actuellement en cours de finalisation et de la validation par le comité de pilotage et sera prochainement présentée au public… pour lancer tout l’été les chantiers de fabrication du mobilier!

A suivre…